Un dialogue subtil entre mémoire et modernité où la terre cuite, le relief et la lumière recomposent l’histoire de la Ferme Jolibert pour l’ancrer résolument dans son temps.
Un dialogue subtil entre mémoire et modernité où la terre cuite, le relief et la lumière recomposent l’histoire de la Ferme Jolibert pour l’ancrer résolument dans son temps.
“Chaque projet doit être gardien du temple et guetteur de rêves”. Un précepte que Abdellatif Mourchid, architecte à l'Atelier Architecture, Ville et Lumière, aime emprunter à l’un de ses anciens professeurs d’architecture. Le projet de réhabilitation d’ampleur de la Ferme Jolibert à Orgueil (82) en est l’illustration parfaite, à la fois fidèle à l’histoire patrimoniale environnante et indiscutablement projeté dans l’avenir par des jeux d’écriture ultra contemporains. Transformé en pôle commercial, cet immense bâtiment de plain-pied, dont une partie avait été laissée à l’abandon, a retrouvé un second souffle et crée une nouvelle dynamique dans le centre historique.
Afin de rompre avec la linéarité des longues façades, les architectes introduisent une écriture en relief, jouant des transparences, des glissements de matière et des décrochages de parois. Côté sud, d’immenses moucharabiehs de terre cuite de 3,80 m de haut se détachent ainsi de la façade, comme une double peau. Selon une mise en œuvre spécialement imaginée pour ce projet, ces claustras de briques encastrés dans des cadres d’acier thermo-laqué créent des jeux d’ombre et de lumière aléatoires tout en offrant une protection solaire efficace.
L’arrière du bâtiment propose, lui, une toute autre lecture : ici, c’est une alternance de pleins et de vides qui évite avec ingéniosité le risque de monotonie. Suivant une partition minutieusement orchestrée, briques de parement et espaces vitrés s’articulent avec agilité, apportant une belle vibration à l’ensemble. Traitées de manière très différentes, les deux façades s’inscrivent néanmoins comme les deux facettes d’une même histoire. Elles sont intrinsèquement liées par la terre cuite, choisie dans le même coloris (Violine) et la même finition (sablée), leur permettant de dialoguer avec fluidité. Pièce maîtresse du projet, la brique témoigne une fois de plus de sa capacité à unifier et faire sens. Chaleureux fil rouge entre les volumes, l’espace et le temps !
“L’ancrage territorial a fait partie des fils conducteurs de la conception du projet. Nous avions à cœur de travailler avec des entreprises et des produits du territoire. La brique est de surcroît un super matériau pour de nombreuses raisons. Elle est biosourcée, elle respire, et affiche des performances thermiques, acoustiques… Et puis sa teinte chaude se marie très bien avec un environnement naturel : il y a une adéquation harmonieuse entre le vert et le rouge orangé. Sans oublier que c'est un matériau durable qui ne s'entretient pas, ou peu, et qui vieillit bien. C'est-à-dire qu’on peut le laisser vivre sans forcément faire de reprises. Pour ce projet en particulier, nous avons dû relever un petit défi technique afin que les claustras restent bien droits sur toute la hauteur, soit 3,80 mètres ! Il a fallu concevoir au sein de chaque panneau des raidisseurs qui ne soient pas visibles. Heureusement, nous avons pu compter sur l’ensemble des entreprises qui intervenaient en façade pour dessiner les détails adaptés.
Nous avons également fait appel à Wienerberger lors de notre réflexion sur le joint des briques à l’arrière du bâtiment. Lorsque l’on fait de l'appareillage de briques, on oublie souvent que le joint a aussi son importance pour créer une unité de plan. Donc, nous avons recherché le coloris qui se rapprochait le plus de la tonalité de la brique. Nous avons réalisé plusieurs essais sur échantillons avec Wienerberger jusqu’à trouver l’harmonie parfaite !”